Objectif sport

Analyses et billets d'humeur de passionnés du sport

27 février 2011

Des hommes et des valeurs

(Week-end d'oscaro-césar oblige...)

Le dimanche ne m'a jamais vraiment réussi. Jour du Seigneur qui me file des boutons et des envies subites de philosopher - certains diraient "de délirer". Comme ce matin.

Il y a un moment que je veux parler de sens. Non que ce blog en manque, mais je veux parler du sens avec un grand S, des valeurs de vie - respect, reconnaissance par exemple. Des valeurs à chercher dans une phrase ou un silence et parfois même dans une roulette ou un passement de jambes.

L'idée m'était venue en janvier, après l'épisode du faux transfert avorté de Dimitri Payet. Perdu, le bras de fer engagé par le joueur avec le club stéphanois en dit long sur sa personnalité : prenez garde, dans les vestiaires, à laisser un oeil sur un garçon prêt à planter son Opinel dans votre dos à la première promesse d'une île aux Bahamas ou d'un parc de prince.

Ambiance, ambiance...

L'ambiance Opinel, on la retrouve hier soir, sur le bord de la pelouse monégasque. Un enfant du Rocher, parti se dorer la pilule en Normandie, a marqué pour sa nouvelle équipe, privant ainsi des trois points une Principauté dans le rouge. Au coup de sifflet final, le Bleuet, aussi brouillon sur le terrain qu'un chien dans un jeu de quilles, est apparu surchargé de testostérone ou d'adrénaline. Yohan oublie d'y aller Mollo et, aux micros tendus, règle ses comptes avec "certains" de la maison monégasque en exagérant le plaisir d'avoir égalisé.

mollo

Evidemment que chacun a le droit à sa rancoeur ainsi qu'au doux sentiment que procure la revanche. Mais ce sentiment est plus doux encore, plus complet, plus intense dans un silence que dans des déclarations vomies en public. Car le pincement silencieux des adversaires, le stoïsme et l'ironique indifférence ajoutent du panache et de la jouissance. Pas la grossièreté d'un crachat tombé dans la soupe dont un Néandertalien serait bien incapable - faute de soupe à boire, certes... Un geste d'autant moins intelligent que Mollo devrait faire le voyage en sens inverse à la fin du mois de mai et retourner, en bas à droite, jouer à qui a la plus grosse. Pas sûr qu'on lui réserve le meilleur des accueils.

Pas grave ? Le joueur trouvera un autre point de chute ? Sûrement. Sauf que les ardoises ne s'effacent pas aussi facilement et il ne faut pas sous-estimer l'impact du comportement de Payet ou de Mollo sur les futurs employeurs, les clubs. Moi, je n'en voudrais pas...

Boukari mieux que Torres ?

Un fossé les sépare de Razak Boukari. Au stade de la route de Lorient, la recrue rennaise du mercato a envoyé un missile sous la transversale de Runje, son ex-coéquipier à Lens. Nulle explosion de joie, mais un sourire très retenu. Par respect pour le maillot d'en face, pour l'histoire du club et pour ses supporters. Il y en a qui n'ont pas de cacahuètes à agiter dans leur crâne. Le contexte n'est peut-être pas comparable, c'est vrai ; mais cela n'explique pas tout.

torres

La classe de Boukary dépasse même, et de loin celle de Fernando Torres. On se souvient que l'Espagnol a filé le blues à Anfield cet hiver en rejoignant Londres et qu'il avait promis de s'abstenir de célébrer tout but inscrit lors du Chelsea-Liverpool que le hasard d'un calendrier taquin avait mis sur la route du champion du monde. Par respect pour le maillot d'en face, pour l'histoire du club et pour ses supporters, pensait-on. En réalité, la star formée à l'autre Madrid n'avait en tête que le respect des supporters, et encore. Il est revenu en effet sur ses paroles pour mettre les pendules à l'heure. Il a expliqué que les raisons de son départ des bords de la Mersey se trouvaient dans des promesses non tenues par le club qui a vendu Alonso et Mascherano sans boucher le trou ainsi creusé ; autant dire, une tombe.

gerrardSoit. On comprend le compétiteur qui cherche les titres et part les trouver ailleurs. Il parle en professionnel froid, en champion businessman. Ce n'est pas parce que d'autres, tout aussi grands, ne raisonnent pas comme lui qu'on lui en tiendra rigueur. Mais pourquoi préciser en conférence de presse qu'il n'a jamais embrassé le maillot des Reds ? Est-ce un écran de fumée de la part de celui qui doit détourner les regards de prestations anormalement moyennes et loin d'être en rapport avec les 58 millions déboursés par Abramovitch ? Ou un coup de comm' destiné à rassurer les fans des Blues qui s'inquiétaient d'un tel respect apparemment démontré envers un club rival ?

C'est triste. On aurait préféré qu'il se concentre sur son jeu. Surtout qu'après un départ canon en Premier League, le club du milliardaire russe traverse une période de turbulences et doit maintenant gérer le récent ultimatum de Drogba. Le pari de Torres n'est peut-être pas déjà perdu, mais il ne semble pas en mesure d'être gagné cette saison.

Posté par charlesnda à 13:19 - Football - Commentaires [1] - Permalien [#]
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