Objectif sport

Analyses et billets d'humeur de passionnés du sport

25 janvier 2011

Des ratures sur les Cahiers

Y a-t-il plus français que de s'adonner au plaisir de couper des têtes, du moins de consacrer un temps que je crois précieux à chercher à accomplir ce funeste dessein ?

La baguette sous le béret et la moue légendaire n'ont qu'à bien se tenir, force est de constater que l'art de la guillotine est, de loin, le sport national préféré. Petit détail succulent : plus la tête accrochée au tableau de chasse vaut cher, plus grande est la satisfaction. Le bourreau, bandant après l'effort, renifle alors le doux sentiment d'une justice qu'il croit rendue au nom des autres et s'enorgueillit longtemps de son oeuvre courageuse. Cette justice, pourtant, ne me représente pas tant je jure qu'elle est une justice corrompue et personnelle.

Punching Zidane

Car il faut se lever tôt pour me convaincre de ce que M. Latta, des Cahiers du football, n'a pas de compte à régler avec Zinédine Zidane. Ah, la belle affaire que d'emboîter le pas d'un autre et de faire monter les enchères, après une première salve de crachats venus d'un humoriste en mal de reconnaissance ; ce même humoriste qui s'excuse aujourd'hui en choisissant maladroitement ces mots - on oublie trop souvent que, pour être valables, les excuses ne doivent pas émaner de l'offenseur.

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Le titre de l'article incriminant donne le ton. "Espèce d'icône"... Comme quoi, le choix de formules plus littéraires n'emporte pas toujours la finesse et l'élégance. Bon, ne dénigrons pas tout, tout de suite, et laissons sa chance à la plume qui se tient derrière ce réquisitoire.

Passons les premières lignes, le geste sanguin sur une poitrine italienne et l'absolution de tout un peuple, jusqu'au sommet de l'Etat. Voilà ! On y est ! Zidane est un "homme-sandwich" sans "épaisseur", un "pré-retraité" en or qui vit de son image rémunératrice, sans justifier d'un talent en dehors du terrain.

zzEn cause, son contrat de consultant sur Canal + et les "c'est bieng" innombrables et à réinventer. En cause aussi le soutien à la candidature du Qatar, pays organisateur du Mondial 2022. En cause son parrainage d'ELA puisque, "comme il se doit pour une personne de sa fortune et de sa notoriété, il a également apporté de bonne grâce son concours à diverses oeuvres caritatives, tout en restant plus une tête d'affiche qu'une tête de pont pour ces missions". En cause, enfin, sa transparence politique. Le tout pour conclure : "à force de ne rien faire et de ne rien dire vraiment, tout en continuant à exister publiquement, on s'expose à ne plus être réellement l'acteur de sa propre vie. Zidane touche actuellement les limites d'une après-carrière gérée comme celle d'un footballeur en activité : il manque cruellement de substance et ne s'est, en quelque sorte, trouvé aucun emploi".

La parole est à la défense

Il y a un truc qui me gêne, pas vous ? J'ai toujours attrapé des boutons en face de leçons données, de jugements de valeur, des critiques faciles d'auteurs jaloux ou de paroles animées de visées commerciales. Si l'on ferme les yeux - certes, l'exercice n'est pas évident puisque, les yeux fermés, on ne lit plus rien... -, on se croirait allongé sur le divan, attendant que de la bouche d'un savant tombe une vérité nue et libératrice.

Il est vraiment difficile de dire ce qui motive quelqu'un à ternir ainsi le spectacle d'une vie et à jouer au marionnettiste, décidant quoi et où doit se tenir l'objet de ses fantasmes. Fais pas ci, fais pas ça...

Vous aurez compris, je n'aime pas que l'on touche à Zidane - c'est épidermique -, mais je déteste surtout le ton de procureur de la part d'un individu qui n'a jamais fait vibrer qu'une poignée de lecteurs. S'attaquer à un homme, fût-il Zidane ou Domenech, reste un projet indéfendable. Allez, tiens, et si on fermait les yeux...

Posté par charlesnda à 22:14 - Football - Commentaires [0] - Permalien [#]
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