Objectif sport

Analyses et billets d'humeur de passionnés du sport

19 avril 2011

Baby Gunners

Le bon côté des choses quand on s'absente pendant trop longtemps, c'est que l'on est heureux de retrouver sa maison à un point que l'on frise l'exagération. L'autre point positif, c'est que l'on revient, parfois, avec des idées neuves et révolutionnaires. J'espère ainsi que je ne vais pas vous décevoir...

Je viens de lire un communiqué dans lequel Robbie van Persie s'accusait lui et le reste de son équipe d'encaisser des "buts stupides", souvent dans le money time, et de perdre, ainsi, des points précieux dans la course au titre. De là a germé une réflexion très personnelle sur les Gunners d'Arsenal, baptisés les "Baby Gunners" pour pointer du doigt leur lente maturation et leur incapacité à soulever des trophées depuis plusieurs années.

Il est vrai qu'au contraire de Chelsea, des red devils de sire Alex ou de Manchester City, Arsène Wenger a fait un pari qui peut sembler audacieux et qui tarde, avouons-le, à porter ses fruits. A la greffe immédiate de joueurs talentueux au sein d'une équipe d'internationaux expérimentés (à quelques exceptions près), l'Alsacien préfère l'association de minots à la technique très sûre pour leur âge et indubitablement supérieure à la moyenne, mais qui souffrent d'un déficit d'expérience. C'est en gros parier sur le long terme, avec cette croyance absolue que le temps fera son affaire et lui donnera finalement raison.

L'option pourrait sembler anachronique à une époque où les propriétaires escomptent un retour rapide sur investissement et ne jurent que par des résultats à court terme. D'ailleurs, on ne serait pas surpris que la récente prise en main d'Arsenal par l'Américain Kroenke soit suivie d'un changement radical dans la politique du club, malgré la présence déjà ancienne du nouveau propriétaire dans le capital de la société détentrice des droits. Mais là n'est pas notre propos. La question est plutôt celle-là : pourquoi les cannoniers tirent-ils à blanc ?

On salue partout en Europe - moi le premier - le style de jeu fluide, offensif et agréable des rouge et blanc au point qu'on les compare régulièrement au Barça. Mais la réalité est un peu différente. Cette année, il me semble qu'Arsenal a commis plusieurs erreurs de casting, à la façon d'un Olympique lyonnais ultra-dominateur et "inexplicablement" sur le déclin ces trois dernières années. Notamment en défense, où l'on peine à trouver les successeurs de Tony Adams ou de Soul Campbell dans l'axe. Qu'on le veuille ou non, on ne peut rêver de titre dans des compétitions aussi relevées avec une charnière composée par alternance, au gré des disponibilités, de Djourou, Vermaelen, Squillaci ou Koscielny.

D'autres difficultés peuvent être pointées, notamment au milieu. Si Nasri s'impose comme la grande satisfaction de la saison côté Gunner au point d'avoir été élu dans l'équipe-type de Premier League (ce qui atteste encore de l'extrême lucidité dont peuvent encore faire preuve Wenger et son staff), Fabregas a terminé un cycle et montre une lassitude psychologique qui, plus que les blessures, affecte terriblement son niveau de prestation. Surtout, l'étincelant Arshavin ne joue plus que des bouts de match... Quid ?

Mais le gros point noir restera, à mon sens, Robbie van Persie. S'il est un joueur en qui le manager général a toujours placé une confiance absolue, n'hésitant pas à le comparer aux plus grands, c'est bien lui. Le protégé de Wenger est un diamant aux dires de celui-ci ; je le vois davantage comme un joueur de cristal. La marque des meilleurs est de parvenir à porter son équipe à bout de bras - de pieds plutôt. Le Néerlandais a maintenant 27 ans et n'a rien démontré depuis ses premiers pas à Highbury, dans l'ombre de Berkamp et d'Henry, jusqu'à aujourd'hui où il passe le plus clair de son temps à visiter l'infirmerie. Quant il a ses deux jambes, il ne donne pas l'impression d'être ce leader respecté de l'équipe et craint par les adversaires. Il est, au mieux, un international doué techniquement, comme mille autres.

Je crois que le problème vient de l'obstination de Wenger à vouloir considérer van Persie comme un avant-centre. De le faire marcher, en somme, dans les pas de Thierry Henry. Les deux ont en commun d'avoir été habitués, jeunes, à évoluer de manière désaxée, en ailier ou en attaquant de soutien. La position de l'ancien capitaine des Bleus a changé à Londres et ce pari s'est avéré être un choix gagnant. Robbie van Persie ne semble pas, lui, capable d'une telle évolution.

Arsène, si vous lisiez ce blog, partageriez-vous mon analyse... ?

Posté par charlesnda à 18:54 - Football - Commentaires [1] - Permalien [#]
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Commentaires

    Évidemment que je partage ta - brillante - analyse !

    Bli !

    Posté par Kuzca-Wenger, 21 avril 2011 à 16:34

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