Objectif sport

Analyses et billets d'humeur de passionnés du sport

12 janvier 2011

Le Rocher, such hard !

"Ca ne serait évidemment pas glorieux de se faire sortir et il faut tout faire pour éviter ça, mais après, c’est le football".
Guy Lacombe s'exprimait ainsi la semaine dernière, excellant dans l'art de l'autoraison funèbre.

Le fatalisme bon teint affiché a laissé place à la fatalité, exit donc l'homme à la moustache seventies, mais sans la classe des verts, et surtout jamais sans la moindre once de début de résultats.
Dynamo de Kiev et Hadjuk Split peuvent continuer de dormir tranquille, c'est pas l'homme de Villefranche de Rouergue qui leur tiendra un siège homérique dans un chaudron monégasque hors d'état de reverdir.

Non, je n'aime pas Guy Lacombe comme vous l'aurez compris - je cache parfois mal mon agacement -, son art perpétuel du commando virant au kamikaze, son agressivité râleuse, sa propension à se fourrer dans des situations d'adversité avec tout ce qui peut ressembler à ce qui ne lui ressemble pas.
C'est à dire le reste du monde.
Mais ce champion olympique de bagarrologie auto-immune (et aussi de football dans une autre vie, celle où il porta les couleurs canaris) ne me semble pas un coupable si idéal pour centraliser toutes les tares à l'origine de la ventremollification des rouges et blanc.

Vieux supporter monégasque, qui trembla en d'autres époques devant les Robby Langers orléanais, je suis quand même effaré...
Non, ce n'est pas le mot :
je suis effondré par l'affaissement de mon équipe glissant en contrebas de son rocher depuis maintenant une demi décade.
L'ASM a pris un malin plaisir à abandonner son statut de place forte du football français, et sa capacité folle à sortir de jeunes futurs champions du monde (oui oui Trézéguet, Henry, Thuram, Petit.... ils ont joué ailleurs qu'à la Juve, Barça, Arsenal, vérifiez) et internationaux pas si loin de le devenir (parsembleu, Gaël Givet, avec ses sauvetages à l'arrache, il devient quoi ?).
Signal alarmant d'une déréliction d'un club pulvérisé l'année triomphale de la finale de la Champions League, où se sont suivis façon file indienne les problèmes de succession directoriale (le départ de Jean-Louis Campora, remplacé par moult présidents) et sportive.
Sur ce dernier point, je ne peux que toujours pleurer non pas le principe du départ de Deschamps, de toute façon appelé à manager plus gros, comme tout bon mondialiste 98 toujours envieux de dominer la France du football.
Mais ce qui continue de me hérisser le poil façon électrocution reste son départ violent en cours de saison, celle qui succéda à la finale de Gelsenkirchen, où se broya le reliquat de dynamique.
Ou comment cet ancien de l'OM a, en concentrant tout sur le sportif en quelques mois, suscité bien malgré lui la décadence d'un club alors fragilisé et pas capable de repartir à l'ordinaire. Même du temps des aventures massiliennes du début des années 90, on n'eut pas rêvé tel torpillage du cuirassé monégasque.

Tout ça pour arriver aujourd'hui à une équipe non pas dépourvue de talents, mais privée de toute continuité. Et sans politique permettant d'y éclore sereinement.
Au tour du bon monsieur Franzi, qui préside aux aventures de l'ASM, de bien montrer qu'en son front de banquier monégasque point La Poste il n'est marqué, et qu'il maitrise l'art du montage au-delà du financier...

Pour l'heure, bonne chance au dernier arrivé, Laurent Banide, dernier bon entraineur monégasque, un vrai promotteur de jeunes joueurs, et fils d'un autre ancien entraineur qui, lui, mena au titre il y a 20 bonnes années la bande à Ettori.

Tiens, voilà un moustachu monégasque bondissant qui, lui, me manque.

 

ps : Au fait, si vous avez des nouvelles de Zikos, Bernardi, et autres Diego Perez, joueurs valeureux qui auraient fait du bien à l'entrejeu monégasque avec leurs pieds mis sur le ballon et les chevilles adverses l'environnant... eh bien dites leur qu'ils me manquent, bien plus que tous les Chevanton et Christian Vieiri d'opérette venus jouer un peu de violon et prendre leurs cachets dans un club sous tranquillisants, histoire de ne pas trop ouïr la musique qui accompagne sa lente submersion. Voilà, ça, c'est dit, aussi.

Posté par RamonDiaz à 19:22 - Football - Commentaires [3] - Permalien [#]
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Commentaires

  • Destins croisés

    Finalement, il a suffi que le pire arrive - ou presque - au club princier pour que son premier défenseur (loin devant les Thuram, Dumas, Ibarra et autre Irles) sorte la plume. La déconfiture de Monaco me fait penser à celle d'une autre gloire du foot, Nantes... Comme Saint-Etienne, aussi, avant les Canaris. Ou Nancy, quelques années plus tôt. A croire qu'il y a quelqu'un, là-haut, qui s'en amuse en tirant les ficelles. D'où ma question : quel est le prochain ?

    Posté par Charles, 13 janvier 2011 à 13:42
  • Titre !!!!

    Ouah!!!!!!!

    Le titre de l'article est juste... parfait !!!

    Gracias, Ramon !!!

    Posté par jchemli, 13 janvier 2011 à 16:58
  • comme un symbole

    http://www.lequipe.fr/Aussi/breves2011/20110113_184650_monaco-descend-et-vite.html
    donc ce qui marche à monaco, c'est ce qui descend à pic.... oh là là ça sent la métaphore de la saison tout ça, glups

    Posté par ramon, 13 janvier 2011 à 20:34

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