Objectif sport

Analyses et billets d'humeur de passionnés du sport

08 décembre 2010

Escriu el futur...

Je ne sais pas vous, mais les deux matchs de Ligue des champions qu'on nous a servis hier et aujourd'hui ne me prêtent pas vraiment à rire.

Arnaques à gogo

A Marseille, la décontraction peu ordinaire de Didier Deschamps (au retour des vestiaires) en disait long sur le sérieux des deux équipes, présentes avant tout pour honorer le calendrier. Les tickets étaient déjà distribués, alors à quoi bon courir... Ce qui devait être la big affiche de ce premier tour de coupe d'Europe s'est mué en match d'entraînement pour donner du temps de jeu à des remplaçants. Au moins aura-t-on eu une révélation : Drogba sait aussi marcher. Rarement nous aurons vu l'Ivoirien aussi peu mobile à la pointe de l'attaque. Bien malin celui qui sait si un pincement au coeur lui a paralysé les jambes, si la perspective d'un match sans enjeu lui a scié les pattes avant de les promener sur la pelouse du Vélodrome ou si la crainte d'une blessure revenante avant les fêtes lui a coupé l'envie de courir - auquel cas, le mal est collectif...

Quoi ? Le score ? C'est un grand d'Europe qui est tombé sur la Canebière ? Que croyez-vous ? Que je vais applaudir pour une victoire en toc ? 

La veille... Est-ce bien utile de décrire ce qu'on a vu à Gerland ? A défaut de déconfiture lyonnaise (2-2), on a eu de la marmelade. Un truc informe et sans saveur, qui déçoit même les palais les moins exigeants. L'OL a raté l'occasion de se refaire une santé face à des Israéliens, il est vrai, très joueurs - trop, en tout cas, pour les deux grands-père de l'axe central - et n'a surtout pas donné l'impression de maîtriser son match devant son public. Faudra qu'on m'explique l'obstination de Puel à aligner à côté d'un Cris à la ramasse un Diakhaté qui, sait-on depuis longtemps, est à mille lieues d'être au niveau européen. Sans parler du choix de sortir un Gomis aux pieds si carrés d'habitude, mais qui, ce soir-là, reconnaissons-le, donnait du fil à retordre à une défense tout juste moyenne. Heureusement, Lyon a pu compter de la première à la dernière seconde sur le soldat Lisandro comme, en toute fin de match, alors qu'il y avait le feu dans la chaumière, au prometteur Lacazette. "Lisandro et les autres", disions-nous ?

Más que un club

On retiendra quand même la présence de deux clubs français en huitième de finale. La série commencée l'année dernière se poursuit ; réjouissons-nous en... Enterrons une fois pour toute l'envie de voir un jour se dérouler le jeu en triangle et les passes à dix dans les petits espaces. La France n'est pas le Barça, et vice et versa.

Le Barça... On entend beaucoup aujourd'hui que cette équipe est peut-être, déjà, l'équipe du siècle. Elle vit le football, elle est le football. Ce n'est pas un hasard si, après une "longue" traversée du désert dans la seconde partie des années 90, les Blaugrana sont régulièrement montrés du doigt lorsque l'on parle de beau jeu. Il n'y a guère qu'Arsenal qui puisse rivaliser, bien que les pousses de Wenger demeurent, en comparaison, au premier barreau de l'échelle et tardent encore à grimper sur la marche suivante.

Et l'on redécouvre alors le travail réalisé au sein de la fabrique de talents, la fameuse Masia dont on avait appris l'existence, il y a quatre ou cinq ans, au moment où en sortait un jeune Argentin haut comme trois pommes chevelues. Un centre de formation qui suscite encore plus l'admiration cette année, le dernier trio d'élus pour le prochain ballon d'or étant tous trois d'anciens pensionnaires de la "ferme" - Xavi, Messi et Iniesta, avec un avantage de courte tête pour le premier des lutins, à mon avis.


La Masia's Legends

Le Barça est porté aux nues, et loin de nous l'idée d'y redire quoi que ce soit. Mais une question me taraude : si, dans ce spot réalisé en hommage à la formation catalane, l'envie d'écrire l'avenir est énoncée en gras, qu'y a-t-il après Xavi et Iniesta ? Les fidèles trentenaires, qui animent le milieu de terrain et percent les rideaux en une passe, en une course, seront un jour sur les rotules. Qui prendra la relève et fera, pour le club, la cueillette des trophées qui semblent promis aujourd'hui et ont été amassés hier ?

Je ne sais pas vous, mais il y a, au fond, beaucoup d'excitation dans cet état d'ignorance. Nous ne connaissons pas l'après "Xavi Hernandez", l'après "Andrès Iniesta". Certains diront qu'on en a eu une vague idée avec la titularisation, ce soir, d'adolescents conditionnés dès le plus jeune âge pour le meilleur football. Mais, ils n'ont pas raison : Bojan n'a pas encore la pointure internationale. Et le successeur de Xavi mettra forcément du temps avant de régner sur la terre du milieu, là où tout se joue. Cela laissera de la place aux autres clubs pour rafler les titres. Peut-être. Mais cela n'empêchera pas de se régaler, toujours, en regardant rouler le ballon entre les pattes des Blaugrana.

Posté par charlesnda à 23:34 - Football - Commentaires [2] - Permalien [#]
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Commentaires

  • Tranquilla

    Moi, je ne me fais pas d'inquiétude. Les catalans sont bons à la fois sur la pelouse et dans les centre de formation.
    Il est loin le temps où le Camp Nou fera moins rêver !

    Posté par Kuzca, 15 décembre 2010 à 14:24
  • visiblement il y a de la ressource mais la génération actuelle...quel bonheur!!

    Posté par fc barcelone, 20 décembre 2010 à 04:21

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