Objectif sport

Analyses et billets d'humeur de passionnés du sport

02 novembre 2010

Il y a des jours 100...

A la question "Que faut-il pour marquer deux buts ?", ceux qui ont un peu de bouteille - et pas seulement du Porto (le blanc) - vous répondront que ça dépend : au niveau départemental, il suffit bien souvent de savoir faire un contrôle, d'accélérer la balle au pied et de cadrer son tir. Au niveau européen, en revanche, il est coutume de dire que ça se joue sur des détails ou des individualités. Lyon, ce soir, le réapprend à ses dépens. L'OL a été victime moins des individualités portugaises que de détails vraiment gênants. Gare à la claque : déjà 3 à 0 avant la pause... Un drôle d'anniversaire pour une équipe qui fête sa centième en Ligue des Champions.

Les "détails" ont fait la différence. Des fautes de poussins - je parle pas des petits gallinacées, vous m'aurez compris. Le premier Robert du coin vous dirait que ça, ça ne pardonne pas !

Des fautes ? Quelles fautes ?

Hé oui ! Les deux premiers buts (le 3e a été inscrit tandis que j'écrivais ; je ne l'ai donc pas vu !) sont la conséquence nécessaire et immédiate d'erreurs grossières. Cinq exactement. Et là, quand la mécanique s'en mêle, quand la machine s'emballe, que les crampons sont pris dans l'engrenage, le pire ne peut plus être évité. Marquer contre son camp ferait le même effet, en plus rapide !

L'ouverture du score est survenue sur une faute de marquage. Un classique : l'avant-centre est oublié au point de penalty et reprend de la tête un ballon qui rebondit devant le gardien. Imparable, même pour Rinat Dassaev, c'est dire... Ca n'aurait, au fond, rien de grotesque si c'était arrivé en fin de match. La dépense d'énergie, l'usure des crampons, les gouttes de sueur dans l'oeil, le maillot qui, d'un coup, pèse une tonne ; tout se ligue contre vous pour vous faire perdre votre lucidité. Sauf que là, on n'avait pas franchi le cap de la demi-heure de jeu... Cris nous a fait une Abidal. La cata... Logne ? Non, strophe...

Hors-jeu, bon sang !

J'oubliais : le coup franc qui précède le but de Karadec, excellemment frappé, est sifflé à la suite d'une récupération du ballon par les Lisboètes, dans le rond central, après un duel non-livré et... perdu - sans blague - par Gourcuff. Au mieux, celui-là tarde à trouver ses marques et reste sur le mode pause depuis son arrivée dans le Rhône ; au pire, il glisse doucement sur une pente descendante...

Ne soyons toutefois pas un intégriste du jeu rigoureux et admettons les ratures. Le problème, c'est que quelques minutes plus tard, Miralem Pjanic - dont je me demande encore comment il peut être titulaire dans une équipe septuple championne de France et abonnée à la Ligue des Champions - tire les coups francs. Une responsabilité qui, dans ma tête d'amateur, revient évidemment à Gourcuff, surtout lorsqu'on décide de jouer de manière indirecte.

Que nenni ! Le jeune Lyonnais frappe son coup franc, incroyablement mal, et la balle arrive par miracle sur Lovren, resté en couverture. Le Croate relance... Enfin, s'applique à dégager le ballon à ras de terre, dans l'axe, sur un Rouge. Pour sûr, un geste de pur défenseur que Laurent Blanc aurait beaucoup apprécié... La contre-attaque s'organise et... Coentrao, buteur sur une reprise de volley du gauche, marque. Un détail : le bourreau des Gones semble hors-jeu. Une faute de placement non signalée par l'arbitre assistant et, donc, validée par l'arbitre assisté. A la télévision, pas un mot sur ce fait de jeu. Lizarazu et Jean-Pierre sont trop occupés à tailler un costume au pauvre Lovren - ça me rappelle, Nantais oblige, le déchaînement dont fut la cible Vladimir Stojkovic, l'ancien gardien de l'Etoile rouge de Belgrade, à son arrivée sur les bords de l'Erdre...

Voilà comment, à force d'erreurs et d'approximations, on marque des buts comme on enfile des perles à cinq ans. Il suffirait pourtant de presque rien pour empêcher l'avalanche et la déculottée. Mais presque rien, c'est déjà beaucoup pour les Lyonnais, cette saison.

Posté par charlesnda à 22:07 - Football - Commentaires [0] - Permalien [#]
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